Au lendemain des commémorations du 11 septembre, ce titre doit vous étonner. Sûrement, pensez-vous que je suis sous l’effet du jetlag alors que je rentre juste de Toronto.
Justement non.
Si je communie aux cérémonies qui se sont déroulées aux Etats-Unis hier, je n’aime pas la dérive nationaliste et frileuse vers laquelle nous conduit le président américain au prétexte de la légitime lutte contre le terrorisme.
On le sent bien. Nos valeurs sont différentes de celle du président américain mais elles ne s’imposent plus au monde.
Vous me direz que c’est un détail. Je ne le pense pas. Au contraire, je crois que nous perdons le débat des idées parce que en faisant de la défense de notre langue le dogme absolu, nous en oublions l’essentiel : le message que nous voulons porter dans le monde.
Résultat dans les conférences internationales où l’anglais est souvent la seule langue connue de tous, nos spécialistes de géopolitiques, nos politiques sont absents soit parce qu’ils se refusent à parler anglais ou soit parce que nous ne pratiquons pas la langue de Shakespeare.
La Francophonie c’est 175 millions de personnes qui partagent sur cinq continents, au-delà d’une langue, une culture et une vision basées sur les valeurs humanistes.
A nos cotés, 600 millions de personnes parlent l’anglais et cette langue est même devenue, sans vraiment grossir le trait, la seule langue commerciale, scientifique et culturelle. Voire diplomatique !
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