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Chroniques Friendly Magazine

  • Ma chronique dans Friendly

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  • La Manif pour tous infiltre Les Républicains ! (Chronique dans Friendly de janvier 2016)

    Les dernières élections régionales ont été marquées par le choc qu’ont subi de nombreux Français en assistant impuissants à la progression du Front National qui a obtenu le meilleur score électoral de toute son histoire !
    Un choc tel, que les partis politiques républicains sont tous interpellés : comment arrêter cette montée inexorable des idées extrémistes ?
    Ce choc a occulté l’opération infiltration qu’ont menée les militants anti mariage pour tous au sein du parti conservateur Les Républicains. Cette manœuvre s’est révélée particulièrement efficace dans la région Ile-de-France et dans la nouvelle super région Auvergne-Rhône-Alpes.
    En effet, de nombreux candidats issus de « Sens Commun », un courant du parti de Nicolas Sarkozy, qui milite pour l’abrogation du mariage pour tous, mais aussi des cadres de la « Manif pour tous » ont intégré dans la discrétion les listes de droite.
    En Ile-de-France, par exemple, ce sont plus de 10 candidats qui étaient issus de cette mouvance ou de l’ex parti de Christine Boutin qui se trouvaient sur les listes de LR en Ile-de-France.
    La campagne éclair qui fut menée, eu égard aux terribles événements du 13 novembre à Paris et en Seine-Saint-Denis, a permis à cette infiltration de ne pas provoquer trop de vagues, notamment médiatiques.
    Pourtant, cette ouverture d’un parti républicain à une mouvance qui s’oppose à l’égalité des droits - un des principes fondamentaux de notre République - et souhaite même abroger la loi Taubira, est une première inquiétante.
    Rayer d’un trait de crayon des registres de l’état civil de nos 36 500 communes les milliers de couples homosexuels qui se sont mariés depuis la vote de la loi, tel est le projet fou des ces militants « cachés » sur les listes de Mme Pécresse ou de M. Wauquiez.
    Dans une grande discrétion, peu à peu, un parti est infiltré par les opposants aux homosexuels.
    D’ailleurs, durant la campagne, plusieurs candidats conservateurs n’ont pas hésité à annoncer qu’ils cesseraient de subventionner les associations LGBTI qui font du lobbying politique. Sans vouloir préciser la liste des associations visées…
    Toutes, en fait, car, bien sûr, les associations LGBTI dans leur ensemble se battent dans le champ politique pour, tout simplement, lutter contre les discriminations ou pour l’égalité et réclamer des lois adéquates.
    Face à cette nouvelle donne inquiétante, les militants LGBTI doivent mener une grande vigilance citoyenne. Accepter le retour en arrière, nous renvoyer au placard, nous ne l’accepterons plus jamais.
    A bon entendeur salut !

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  • Têtu doit renaître ! (Mon "billet doux" dans Friendly Magazine)

    La presse vit, ces dernières années, une période bien sombre.
    La crise économique a fait baisser drastiquement les budgets publicitaires des grandes compagnies. Et les journaux sont tous dans une situation complexe et difficile. Tous...
    Sans compter, une certaine désaffection des lecteurs qui évoluent dans leur manière de suivre l'information, négligeant trop souvent le devoir d'analyse et les points de vue que portaient de nombreux journaux.
    Évidemment, cela est encore plus difficile pour les médias LGBT qui contrairement, à ce qui se passe dans d'autres grands pays européens, ont le plus grand mal du monde à être soutenus, publicitairement parlant, par les grands annonceurs français qui demeurent décidément très frileux lorsqu'il s'agit de s'adresser au public LGBT.
    Oui, en 2015, s'adresser directement aux lecteurs d'un magazine gay n'est pas une évidence dans notre pays. Et cela fait des dégâts.
    En juillet, alors que la période estivale s'ouvrait, la fin de Têtu a assommé beaucoup de militants et de lecteurs.
    Têtu, comme Gai Pied auparavant, a aidé tant d'homosexuels à se construire, à mieux se comprendre et parfois même à devenir militants de l'égalité.
    Têtu, avec Têtu Plus, était aussi une référence dans l'information sur la lutte contre le sida avec ce numéro annuel que tant de personnes séropositives ou intéressées par la maladie attendaient avec impatience. Un numéro indispensable pour qui voulait connaître notamment les dernières avancées des thérapies anti sida.
    Et bien, tout cela serait rayé d'une simple décision de justice.
    Le plus grand magazine LGBT francophone, connu dans le monde entier, respecté de ses confrères, aurait disparu au milieu de l'été 2015. Qu'il me soit permis de penser à toute l'équipe de ce journal qui, du jour au lendemain, s'est retrouvée à la rue.
    Malgré cette décision, Têtu ne peut disparaître et il faut espérer que ce titre va renaître de ses cendres. C'est possible !
    J'en profite aussi pour rendre hommage au media web LGBT, Yagg. Ce portail est aussi indispensable à qui veut connaître toutes les informations sur les sujets liés à l'homosexualité, la transsexualite ou encore le sida. N'attendons pas que ce site disparaisse pour le soutenir.
    Friendly est aussi toujours là... Soutenons-le aussi.
    Si nous ne voulons plus voir disparaître les titres de la presse gay, qui donnent des informations que nous ne retrouvons dans aucun autre media et permettent aussi la visibilité des LGBT, il nous appartient de les soutenir, de nous y abonner...
    Maintenant. Sans tarder !

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  • Mon billet dans Friendly de l'été 2015 : «The Normal Heart», un film bouleversant à voir pour savoir et comprendre !

    En 2014, la chaîne américaine HBO a eu, une nouvelle fois, l’audace de diffuser un film en prime time que les chaines françaises semblent, à ce jour, boycotter…
    En effet, « The Normal Heart », téléfilm de Ryan Murphy sur un scénario du co-créateur d’Act Up New York, Larry Kramer, raconte la mobilisation de gays américains contre le sida au début des années 80.
    Dans une indifférence générale, et alors que le virus commence à décimer bien des membres de la communauté gay de New York, un écrivain et activiste, Ned Weeks joué par le remarquable Mark Ruffalo, se mobilise et crée la 1ère association de gays contre le sida (Gay Men’s Health Crisis).
    Pas simple en 1981 de mobiliser !
    Bien des gays ne saisissent pas encore la gravité de cette terrible pandémie qui va décimer tant de jeunes homosexuels. Les responsables politiques, eux, ne veulent surtout pas se mêler d’une maladie alors qualifiée de cancer gay !
    Dans ce film produit par Ryan Murphy, mais aussi Brad Pitt, on découvre le rôle déterminant qu’ont joué ces militants héroïques pour mobiliser leur communauté, soutenir ceux qui partaient dans de terribles souffrances et interpeller des élus indifférents dont le peu courageux maire gay de New York qui fuyait toute rencontre avec ce groupe d’activistes !
    Aux côtés de Mark Ruffalo, Matthew Bonner, Taylor Kitsch et Julia Roberts sont remarquables dans cette fiction qui se révèle pourtant fidèle au début de l’épidémie de sida.
    Ce film est bouleversant et utile.
    Bouleversant, car il montre l’indifférence des pouvoirs publics face à une maladie qui ravage peu à peu Big Apple et semble alors ne toucher que certains communautés : les 4 H (homosexuels, haïtiens, hémophiles, héroïnomanes). Pourquoi se bouger pour «ces» marginaux pensaient alors bien des politiciens de l’époque ?
    Bouleversant aussi, car il montre les conditions effroyables dans lesquelles mouraient les premières victimes du sida. Abandonnées par leurs proches et dans des souffrances effroyables.
    Dans mon dernier livre « Ma mort m’appartient – 100% de Français vont mourir, les politiques le savent-ils ?[1] », je reviens longuement sur le début de l’épidémie de sida et raconte les horribles souffrances qu’ont connues mes amis gays atteints du VIH à la fin des années 80. Les plus jeunes ne peuvent s’imaginer ce que nous avons vécu dans ces terrifiantes années 80/90 alors qu’il n’existait aucun médicament efficace contre ce virus affamé de vies.
    Utile, car il permet justement aux plus jeunes de prendre conscience des terribles ravages que fit l’arrivée du VIH à un moment qui sonnait pourtant comme une libération pour les gays car, grâce à François Mitterrand, l’homosexualité était enfin et totalement dépénalisée (1982) et retirée, en France, de la liste des maladies mentales (1981) !
    La solidarité dans la communauté homosexuelle finit par s’organiser. Elle permettra de tenir jusque la trop tardive prise de conscience des pouvoirs publics.
    La gestion des débuts de cette pandémie par les homosexuels eux-mêmes est un exemple.
    C’est pourquoi ce film « The Normal Heart » est à voir pour savoir et… comprendre !


     

    [1] Entretien avec la journaliste Claire Bauchard - Editions Michalon – 136 pages.

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  • Mon billet d'humeur dans Friendly : Mariage pour tous : notre bonheur contre leur haine

    « Le mariage pour tous au secours d'une institution en déclin! ». Attention, ce n’est pas moi qui le dit, d’où les guillemets, mais un journal dont on peut estimer raisonnablement qu’il penche un peu à droite de l’échiquier politique. Alors s’ils le disent, qu’affirmer de plus ! Je ne vais pas les contredire !
    Concrètement, les dernières données de l’INSEE sont sans appel : 10.000 mariages entre conjoints de même sexe ont été prononcés sur l’ensemble du territoire français en 2014, soit 4% de l’ensemble des mariages prononcés. A Paris, 1 331 unions homosexuelles ont été conclues, soit 13% de l’ensemble des mariages parisiens. En somme depuis l’adoption de cette très belle loi Taubira, ce sont 17.500 mariages entre couples de même sexe qui ont été célébrés !
    17.500 mariages et rien … Pas de déluge, pas de révolution, pas de guerre civile, pas de neige en été, pas de remise en cause fondamentale de notre République, pas de changement de civilisation – n’en déplaise à certains qui aiment à abuser de ce terme.
    Le mariage pour tous et son succès sont tout simplement le symbole de la France, pays des Droits de l’homme, et d’une République fière de sa devise. Ce sont le symbole d’un pays qui avance, qui considère l’Autre comme une richesse et non comme un ennemi. Ce sont le symbole d’une France de progrès et non d’une France qui a peur, qui se replie sur elle-même. Ce sont le symbole de notre Démocratie.
    Le mariage pour tous et son succès, ce sont des fêtes, des sourires, beaucoup d’émotions, des pleurs, des rires, beaucoup d’amour et de bonheur.
    Alors quand je me rappelle ces terribles moments, ces terribles mois où nous étions insultés, traités comme des chiens et cause de tous les maux, des mois pendant lesquels des personnes avaient pour seul but de nous rabaisser, j’ai, non pas peur, mais honte. Honte pour ces citoyens, honte qu’ils se soient dressés non pas pour une cause juste et noble, mais simplement pour refuser des droits et ce, en totale contradiction avec nos valeurs et nos textes fondateurs, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dont beaucoup aiment à se draper !
    Aujourd’hui encore, certains pensent que le filon politicien est encore bon et promettent de démarier tout le monde ou de créer un mariage au rabais. Raisonnablement j’appelle tous ces politiciens à s’occuper non pas des vrais problèmes de notre pays mais des problèmes tout court.
    Mais, pour être honnête avec vous, lorsque j’écris ce texte et  quand je relis ces chiffres de l’INSEE, je suis heureux et j’ai juste envie de montrer mon bonheur comme celui de 17.499 autres couples qui peuvent, officiellement et devant la République, imaginer leur vie à deux !

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  • Mon "Billet doux" dans Friendly Mag : Non M. Sarkozy, vous ne nous volerez pas nos mariages !

    Comme beaucoup, j’ai été choqué et en colère après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le mariage pour tous !
    Quand un journaliste de RTL m'a appelé pour m'annoncer que Nicolas Sarkozy voulait, non seulement abroger le mariage pour tous mais aussi, créer un mariage spécifiquement ouvert aux homosexuels, j'ai cru à une mauvaise blague. Une bien mauvaise blague !
    Abroger une loi qui permet à des Français d'accéder enfin à l'égalité est une première venant de la part d'un ancien président de la République. Jusqu'à présent, que des réactionnaires marginaux comme Wauquiez, Guaino ou Mariton proposent d'abroger la loi Taubira s'apparentait à une pathétique tentative de récupération des extrémistes de la « manif pour rien » plus qu'à une proposition sérieuse.
    L'annonce de Nicolas Sarkozy est d'une toute autre importance. Elle démontre à quel point, pour une certaine droite, les homosexuels ne sont décidément pas des citoyens à part entière.
    Pire, on s'apprêterait même à jeter leurs/nos mariages comme de simples Kleenex.
    Tentant de jouer sur les deux panneaux par simple électoralisme, Nicolas Sarkozy ose proposer de créer un mariage spécifiquement ouvert aux gays. Créer donc une institution communautariste pour contourner le principe d'égalité, voilà une grande idée discriminatoire. A l'opposé de notre universalisme républicain !
    Poussée à l'extrême, cette proposition est digne de l'apartheid, car après pourquoi ne pas créer un mariage pour les blancs, pour les noirs, pour les grands ou pour les petits ?
    Les Français ne tomberont pas dans le piège malsain que leur propose un ancien président de la République qui devrait d'abord se soucier de l'unité du pays et du bien être de tous plutôt que de brader l'idéal républicain pour conquérir un parti en pleine dérive droitière.
    Les Français sont viscéralement attachés à nos principes républicains et empêcheront que les homosexuels retournent au placard.
    Nos amours valent les amours des hétérosexuels.
    On ne nous volera pas le mariage pour tous, ce droit offert à toutes et à tous - hétéros et homos - de se marier !

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  • Ma chronique pour Friendly Mag :Coming out : toujours la difficulté de dire…

    On pourrait penser qu’en 2013, il est bien plus facile de dire son homosexualité ; à son entourage d’abord, mais aussi sur le lieu de son travail voire même à l’école. La réalité est malheureusement tout autre.
    Si la majorité des Français a beaucoup évolué ces trente dernières années et accepte très majoritairement l’homosexualité, un sondage paru dans Le Parisien, en octobre 2013, nous apprend que 31% des Français estiment que l’homosexualité était… contre nature !
    Ce dernier sondage confirme le mal qu’ont fait les détracteurs du mariage pour tous en tenant au Parlement, comme sur les réseaux sociaux, des propos qu’on croyait d’un autre temps. Comment s’étonner alors que les jeunes homosexuels ont 13 fois plus de probabilités de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels ?
    Comment s’étonner qu’il reste si difficile de faire son coming out auprès de son entourage et, plus encore auprès de ses collègues.
    Le coming out est souvent un long cheminement pour accepter ce que l’on est, c’est souvent également un cheminement pour les personnes que l’on aime. Evidemment, évoluer dans un contexte hostile ne facilite pas la démarche.
    Dans le milieu professionnel, beaucoup de LGBTI hésitent à dire leur identité. On peut les comprendre même s’il est évident qu’on vit toujours mieux sa vie dans la vérité. Pensez notamment à ces professeurs, à ces instituteurs qui ont dit leur homosexualité et qui, pour certains, sont presque regardés avec méfiance tant le soupçon de pédophilie pèse trop souvent et honteusement sur eux ! Les préjugés ont la vie dure !
    Le risque de dire sa vérité est donc une réalité. Mais peut-on vivre une vie entière sans confier à ses proches ce qu’on est réellement. Je ne le crois pas.
    Je pense au final que lorsqu’on a tout dit, on est libéré : on devient totalement soi-même.
    Certes, on risque d’y perdre des plumes. Mais perdre des amis qui n’acceptent pas ce que nous sommes, est-ce si grave ? Des amis qui n’acceptent pas l’autre ne sont pas des amis !
    Reste le milieu professionnel. Le dire ou pas ?
    Il n’y a aucun conseil qui vaille pour tous et pour toutes. C’est chacun qui doit décider en fonction de son propre parcours de vie et, bien sûr, du milieu professionnel dans lequel il évolue.
    La seule chose que je puisse affirmer, c’est qu’en ce qui me concerne, je ne regrette pas que tout le monde sache que je suis homosexuel ! Et si cela dérange certains, je n’en ai rien à faire !

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