« Le rêve du jaguar » de Miguel Bonnefoy, plus que jamais d’actualité… cette saga d’une famille hors du commun du Venezuela.
Quelle coïncidence ! J’achevé la lecture de la saga inspirée des ancêtres de Miguel Bonnefoy « Le rêve du jaguar », le jour où, dans une opération contraire a toutes les règles du droit international, Donald Trump faisait enlever le dictateur du Venezuela, pays exsangue, aux prisons remplies de prisonniers politiques et de défenseurs des droits.Car ce roman, à travers l’histoire des quatre générations de la famille Romero – pas de parenté avec moi ! – démontre l’incroyable instabilité du Venezuela au cours de ces deux derniers siècles : une centaine d’insurrections d’esclaves et de révoltes populaires jusqu’au Caracazo, une cinquantaine de soulèvements avant Bolivar. Durant deux siècles, des milliers de groupes paysans armés vont se soulever. En deux siècles comme le rappelle l’auteur, il y a eu presque 30 constitutions écrites, des dizaines de coups d’état…
Ce roman, qui a obtenu le Prix Femina 2024 et le grand prix de l’académie française la même année, au-delà de l’histoire tumultueuse d’un pays, c’est surtout une saga incroyable qui commence avec un bébé abandonné sur les marches d’une église et qui deviendra l’un des plus grands chirurgiens du pays et le recteur d’une prestigieuse université. C’est aussi celle de son épouse qui deviendra la première femme médecin du Venezuela et de leur incroyable fille appelée justement, un énième jour d’émeutes, Venezuela qui, a son tour, engendrera un écrivain Cristobal, né en France, mais qui rejoindra son pays d’origine dans lequel on retourne toujours… Ou presque.
Les milles histoires de ces quatre générations vous passionneront tout en vous aidant à mieux appréhender la situation compliquée de ce pays, dont j’espère qu’il sortira renforcé et enfin libre de ses nouvelles et terribles épreuves.






























