Chantal demande le droit de mourir paisiblement entourée des siens
Chantal demande le droit de mourir car sa maladie ne lui laisse aucun espoir; mais la loi française ne lui permet que de souffrir !
Communiqué de l'ADMD du 26 février 2008
La télévision nous a livré, hier soir (lundi 25 février, France 3, 19/20), le douloureux témoignage d'une femme habitant près de Dijon, très gravement atteinte par une maladie incurable et dégénérative rare, pour laquelle la médecine se déclare parfaitement impuissante. Alors que la loi française lui reconnaît le droit de se suicider (dépénalisation de l’acte suicidaire en 1810), elle en appelle à l'humanisme des médecins et des responsables politiques français afin que, d'une manière ou d'une autre, chez elle, sans souffrance ni violence, elle puisse partir en paix, entourée de ceux qu'elle aime et qui la soutiennent dans sa démarche ainsi que de ses objets familiers.
Mais parce qu'une poignée d’individus aveuglés par leur propre philosophie de la vie imposent à la société française tout entière leur conception de la fin de vie, cette femme est condamnée soit à souffrir atrocement chez elle, jusqu'à ce qu’une mort lente et dégradante l’arrache à la vie, soit à être séparée des siens pour être placée dans un établissement-mouroir dans lequel elle ne souhaite pas séjourner.
Alors que la Belgique, les Pays-Bas et, depuis la semaine dernière, le Luxembourg, pays démocratiques et respectueux des différences, ont légalisé l'euthanasie, alors que la Suisse autorise le suicide assisté, alors que les sondages constants indiquent que près de 80 % des Français réclament une loi de liberté qui permette à chacun de choisir les conditions de sa propre fin de vie, alors qu'une grande campagne de sensibilisation des parlementaires a été initiée par l'ADMD, l'ADMD réclame l'ouverture d'un grand débat, pluraliste et sans tabou, pour finalement accorder à chacun le droit de mourir dignement, ainsi qu'il le souhaite.
Dans le cas présent, cette femme ne réclame rien d'autre que de ne plus souffrir et de ne plus faire souffrir ceux qu'elle aime.
Une délégation de l’ADMD, conduite par Jean-Luc Romero, se rendra à ses côtés dans les tout prochains jours.

Hier, au colloque de l’ANRS « les femmes et le sida en France », à l’Assemblée nationale, j’ai prononcé un discours sur le thème de l’accès aux soins et des conditions de vie des femmes séropositives du point de vue d’un politique en conclusion de la deuxième table ronde. Je vous reproduis ci-dessous l’intégralité de mon discours et retrouvez la dépêche AFP concernant ce colloque 













Roselyne Bachelot Narquin, notre ministre de la santé, a fait une déclaration lundi qui est passée presque inaperçue. Elle a en effet déclaré qu’elle n’excluait pas un remboursement des franchises médicales aux assurés les plus défavorisés. Actuellement, seuls les femmes enceintes, les mineurs et les personnes bénéficiant de la CMU en sont dispensés. Mais les 8 millions de personnes, qui sont atteintes des 30 maladies les plus graves, dont le cancer, y sont soumises. C'est-à-dire qu’on fait payer aux malades les plus sérieux les abus que certains feraient subir à notre système de sécurité sociale, oubliant que ces malades se passeraient bien des trop nombreuses boîtes de médicaments qu’ils doivent consommer pour ne pas… mourir !



