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Le blog de Jean-Luc ROMERO-MICHEL - Page 252

  • Adhérents ADMD, mobilisons-nous pour notre Ultime Liberté !

    Chères amies, chers amis,
    Une nouvelle proposition de loi « portant sur la fin de vie dans la dignité » a été déposée durant l’été par notre ami Jean-Louis Touraine, député du Rhône et soutien fidèle de l’ADMD. Cette proposition a déjà été signée par plus de 40 députés. Jean-Louis Touraine, avec qui je me suis entretenu au téléphone en début de semaine, va solliciter l’ensemble des 577 députés afin de soutenir cette PPL. Je lui ai indiqué que nous allions l’aider pour cette mobilisation…
    Cette initiative est l’occasion, comme je l’ai déjà fait à la fin du mois de juillet, de mener une opération massive de sensibilisation à notre revendication de nos gouvernants ainsi que de la représentation nationale.
    Je vous invite donc à continuer à interpeller le premier ministre, Edouard Philippe, ainsi que le président du Comité consultatif national d’éthique, le professeur Jean-François Delfraissy. 
    Par ailleurs – et je remercie ceux qui, nombreux, l’ont déjà fait – ne manquez pas de continuer à écrire à vos députés, selon le modèle proposé ou selon tout autre texte à votre convenance.
    Je compte sur vous et vous souhaite une belle fin d’été.

    Jean-Luc Romero
    Président bénévole de l’ADMD

    (Vous pouvez continuer à voter par correspondance pour le renouvellement de notre conseil d’administration lors de la 37e assemblée générale ; si toutefois vous n’aviez pas reçu le matériel de vote inclus dans le Journal n°141, demandez-le au secrétariat de l’ADMD au 01 48 00 04 16 ou à infos@admd.net )

  • « Le secret d’Adèle » de Valérie Trierweiler, un amour caché sublime et bouleversant !

    J’ai commencé les lectures de mon été par les Mémoires d’Hadrien de l’extraordinaire Marguerite Yourcenar et je termine par le bouleversant livre de la courageuse Valérie Trierweiler.
    Tous ces livres m’auront fait passer de merveilleux moments estivaux et terminer par « Le secret d’Adèle » fut un choix judicieux.
    J’avais déjà vu le tableau « La Dame en or » de Gustav Klimt mais je ne connaissais ni l’histoire du peintre, ni bien sûr celle qui a inspiré ce tableau si célèbre.
    D’abord, j’ai vraiment beaucoup appris avec ce livre, sur Vienne, sur sa vie intellectuelle bouillonnante et politique au début du 20ème siècle et bien sûr sur le peintre Gustav Klimt.
    Mais, j’ai surtout été totalement bouleversé par cette histoire d’amour secrète entre le peintre et son modèle - il peindra Adèle à deux reprises.
    Ce livre est bien sûr un roman et cette histoire est merveilleusement imaginée, mais elle paraît tellement crédible grâce aux nombreuses recherches et sources sur lesquelles l’auteure s’appuie.
    Je ne vous raconterai bien sûr pas l’histoire de ce roman, je ne peux gâcher l’immense plaisir que vous aurez à vous immiscer dans cette incroyable passion amoureuse. Une passion souvent destructrice mais qui fait forcément rêver ! Vivre un amour fou, même impossible,  donne tout son sens à une vie.
    Incontestablement, je peux vous assurer que, dès que vous ouvrirez ce livre, vous n’arriverez plus à le refermer. Ce roman, outre d’être merveilleusement écrit, vous emporte dans la profondeur de vos propres sentiments.
    L’histoire de cet amour caché est sublime. Bouleversante.
    Ne la ratez pas… Vraiment !

  • Mon itw sur les soins funéraires pour tous pour Funéraire Info

    C’est fait, et c’est un des combats de toute une vie : la levée de l’interdiction des soins sur les patients atteints du VIH sera effective à partir du premier janvier prochain. Jean-Luc Romero, président d’Elus Locaux Contre le SIDA, a répondu à nos questions, sur cette avancée, et sur la pétition d’un syndicat qui s’y oppose, soulignant qu’il existe d’autres problèmes bien plus préoccupants…

    Une avancée longtemps attendue

    Jean-Luc Romero, ça y est, la levée de l’interdiction des soins de conservation sur les défunts atteints de HIV et d’hépatite a été levée, on imagine que c’est une joie pour vous ?

    « C’est un soulagement, en effet, et la fin d’une injustice. Nous étions un des seuls pays au monde à imposer ces restrictions, sans raisons acceptables. C’est l’aboutissement d’une démarche entamée par le gouvernement précédent et menée au bout par l’actuel. »

    Cette levée sera effective à partir du premier janvier 2018, pourquoi pas avant ?

    « Oui, c’est une date qu’avait fixée Marisol Touraine lorsqu’elle avait entamé le processus, et qu’a reprise Agnès Buzyn, qui lui a succédé. Il est vrai que cette levée aurait pu être effective immédiatement, mais on ne va pas faire la fine bouche : ça a été un tel travail, pour obtenir ce résultat, attendu par les malades et leurs familles depuis si longtemps, que ça reste une bonne nouvelle. »

    Dans le même temps, une pétition circule pour demander le maintien de cette interdiction

    « Oui, cela m’attriste. Je note qu’elle a obtenu en quelques jours moins de 300 signatures, alors que nous, pour celles que nous avons proposées lorsque nous réclamions la levée de l’interdiction des soins, en obtenions des milliers en quelques heures. »

    Jean-Luc Romero précise « Il n’y a pas de risque de contamination si les procédures sont convenablement suivies, et les précautions universelles sont prises. Par contre, les produits utilisés pour les soins de conservation sont, eux, pour certaines très toxiques, et les cancers professionnels sont une réalité. Pourquoi les syndicats ne se saisissent pas plutôt de ce sujet ? »

    Sur la transmission du VIH, on parle d’un manque d’informations sur les risques « Les risques ne sont jamais à négliger, quelle que soit la cause de décès d’une personne. Un corps humain recèle un danger pour ceux qui le manipulent, c’est pour cela qu’il faut systématiquement faire montre des précautions obligatoires, port des protections, des gants… Ce qui m’inquiète, ce n’est pas de voir un professionnel faire un soin de conservation sur un patient atteint du HIV dans les règles de l’art. Ce qui m’inquiète, c’est de voir des professionnels manipuler des corps sans gants. Ce n’est pas une pique contre les milieux du funéraire, c’est général. L’autre jour, une connaissance me disait qu’il avait vu une infirmière faire une prise de sans sans gants. Là il y a un risque. »

    Jean-Luc Romero précise « Dans les années 90, en pleine période d’explosion de l’épidémie de SIDA, quand personne ne savait encore trop ce que c’était, les thanatopracteurs ont certainement procédé sans le savoir à des soins sur des personnes atteintes du Virus. Aujourd’hui encore, rien qu’en France, il y a 25 000 porteurs qui ne savent pas qu’ils sont atteints. Et malgré cela, il n’y a aucun cas documenté de transmission par cette voie. Il y a aussi des thanatopracteurs qui nous soutiennent, et qui me disent que, souvent, ils n’ont pas connaissance des causes de la mort. ».

    Aucun cas documenté ? « Non. Il y a eu, il y a quelques années, le cas d’un thanatopracteur américain qui prétendait avoir été contaminé durant un soin, mais on a fini par savoir que la transmission s’était faite dans un autre contexte, par voie sexuelle. » Avez-vous déjà assisté à un soin de conservation ? « Oui, bien entendu. Et je connais bien l’univers du funéraire, puisqu’en trente ans de militantisme, j’en ai vu partir, des amis. Je sais que c’est une opération invasive, mais je sais aussi que des règles dans le port de protections sont là pour maîtriser ces risques. En revanche, je sais aussi que les produits utilisés à base de formol causent des cancers, là il y a des cas documentés et avérés, et que les thanatopracteurs qui s’escriment contre la levée de l’interdiction perdent de vue les vrais problèmes. Peut-être que certains ont intérêt aussi à ce qu’on ne pose pas les bonnes questions… » Viendriez-vous au salon funéraire en novembre prochain si vous y êtes invités ? « Avec plaisir, je n’ai jamais refusé le débat. Un échange courtois de points de vue et d’arguments est toujours constructif, c’est comme cela qu’on avance ». Une main tendue, donc, avis aux intéressés.

  • Rejoignez-nous au Pique-nique ADMD ce samedi à 12h à Paris 12 !

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  • Arrivée de la "Marche des donneurs" à Paris

    Pour interpeller sur l'obligation d'abstinence des gays qui souhaitent donner leur sans, Frédéric Pecharman, président du collectif Homodonneur a entrepris"La Marche des donneurs" depuis Toulouse.
    Il arrivera ce jeudi vers 19h au ministère de la santé où il avait demandé un rdv à la ministre, qui, à priori, a autre chose à faire ce jeudi et ne le recevra pas...
    Comme d'autres, j'irai bien sûr accueillir et soutenir Frédéric face au ministère.

  • La La Land ... un film rare et envoûtant

    Si vous suivez ce blog, vous savez que je suis un fou de comédies musicales. Encore cet été, j'ai eu la chance de revoir "Le fantôme de l'opéra" et de voir la nouvelle version de Broadway de "Hello Dolly": deux merveilleux musicals !
    Et, pourtant, je n'avais pas encore vu le film "La La Land" qui a pourtant raflé tant de prix et attire les spectateurs du monde entier.
    C'est dans l'avion que j'ai pu enfin voir ce merveilleux film ! Comment ai-je pu attendre si longtemps pour le visionner et aussi pour apprécier le - trop ? -merveilleux livret musical ?
    Je suis entré totalement dans ce film et me suis enivré dès le départ de sa musique si envoûtante !
    À peine sorti de l'avion, j'ai du télécharger l'album sans attendre de récupérer ma valise. C'était une nécessité vitale. La musique envahissait mon cerveau au point de m'en rendre totalement dépendant.
    Je ne raconterai pas le pitch de ce film aux rares inconscients, fous comme moi de comédies musicales, qui ne l'ont pas encore vu. Je leur dis, je vous dis : courez voir La La Land... un film rare et envoûtant !

  • Podcast de #LeTalkDuLundi, spécial rentrée !

  • Inauguration de la place Lise et Artur London par Anne Hidalgo

    Ce mardi, la maire de Paris, Anne Hidalgo, inaugurera la place Lise et Artur London à l'intersection du boulevard Poniatowski et de l'avenue de la Porte de Charenton à Paris 12.
    C'est un honneur pour notre arrondissement que soient choisis ces courageux combattants dans les Brigades internationales en Espagne, résistants et déportés.

    anne hidalgo,jean luc romero,lise et artur london

    anne hidalgo,jean luc romero,lise et artur london

  • C'est la rentrée : retrouvez-moi dans #LeTalkDuLundi à 12h sur Périscope !

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  • "Arrête avec tes mensonges" de Philippe Besson : "un livre tout en émotion !

    En lisant le dernier Besson, j'ai été renvoyé brutalement à ma jeunesse. Sans m'y être préparé... Ma jeunesse au placard dans le Pas-De-Calais, à Béthune, où dans les années 80, il était - est toujours ? - si difficile d'assumer sa différence.
    Certes, la jeunesse de Philippe Besson est plus récente et il ne l'a pas vécu dans les Hauts-de-France, mais en Charente. À Barbezieux plus exactement, cette ville que j'ai bien connue lors de mon 1er job auprès d'un député de la Charente qui comprenait dans sa circonscription cette fameuse ville de Barbezieux.
    Béthune, Barbezieux ont ceci en commun qu'il y reste toujours difficile d'assumer, ado, sa différence. En tous cas, c'était le cas pour Besson jeune comme pour moi. 
    Ce roman - mais est-ce vraiment une fiction ? - est déchirant. Son écriture est efficace et sert cette histoire à la fois bouleversante et tragique.
    Elle nous rappelle la difficulté de vivre et assumer son homosexualité et que cette différence peut parfois conduire à la mort.
    Un livre que je vous conseille. 
    Un livre tout en émotion !

  • Back to Béthune...

    Je n'ai pas pu souhaiter les 87 étés de maman le 12 août dernier...
    Je ferai donc ce samedi une escapade à Béthune, ma ville de naissance, pour revoir ma maman et l'encourager dans son combat contre la maladie.
    Heureux de retrouver aussi ma région d'origine...

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  • Cérémonie pour la libération de Paris à Paris 12

    Ce matin, je participerai aux manifestations commémoratives de la libération de Paris dans le 12ème arrondissement aux côtés de la maire Catherine Baratti-Elbaz et de mes autres collégues élus.
    Venez nombreuses et nombreux !

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  • Retour à Paris !

    Après quelques vacances et une conférence à Montréal, me revoilà de retour à Paris pour cette rentrée qui sera, comme d'habitude, chargée.
    Heureux de retouver Paris et mon si cher 12ème arrondissement !

  • Flash back sur une journée type...

  • Dejeuner avec la consule générale de France à Montréal

    Ce midi, j'aurai un déjeuner de travail avec la consule générale de France à Montréal, Catherine Feuillet.
    Nous pourrons évoquer notamment la coopération de l'Ile-de-France avec Montréal et le Québec, la conférence sur les droits LGBTQI, à laquelle je suis intervenu à Montréal, la semaine dernière, et, bien sûr, la francophonie.

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  • Souvenir de la Fierté Montréal de... 2012 sur Radio Canada

  • Mémoires de Stone, complètement ... humaines ! À lire ...

    Stone nous a envoyé gentiment ses mémoires "Complétement Stone", une attention qui nous touche ainsi que les mots gentils dans ce livre sur Chris et moi.
    J'achève la lecture et je comprends vraiment pourquoi Stone/Annie et son mari Mario sont nos amis.
    Beaucoup de choses nous rapprochent et notamment les combats pour le droit de mourir dans la dignité et contre le sida. Sans oublier l'essentiel, notre affection commune...
    Mais, on ne connaît jamais assez ses amis et on passe souvent à côté de l'essentiel.
    Stone écrit sans tabous et sans peur d'être jugée. Elle s'en fout ! Elle dit la vérité d'une vie entièrement tournée vers les autres. Une vie d'artiste bien sûr ! Mais surtout une vie de combats et de recherche d'un sens à lui donner.
    Je vous conseille ce livre qui outre de vous apprendre nombre d'anecdotes sur la vie et la carrière de la chanteuse chère au cœur des Français vous fera réfléchir à votre propre vie.
    Je vous recommande d'ailleurs le très émouvant chapitre "Mes directives anticipées" sur le droit de mourir et bien sûr l'Admd dont Annie est une fidèle et active militante. 
    Lisez ce livre : son optimisme vous fera aussi du bien !

  • Mon intervention à Montréal à la Conférence Egalité et Légalité

    Mesdames, Messieurs,

    Avant tout je voudrais me présenter à vous : élu de Paris et de la région Île-de-France, ambassadeur d'une Île-de-France sans sida, gay, séropositif, activiste, marié et heureux de l’être ! Voilà en quelques mots comment je peux me définir.
    Depuis plus de 20 ans, j’ai créé et préside Élus Locaux Contre le Sida, une association qui regroupe plus de 17.000 élus en France et dont le but est d’informer et mobiliser ce public dans la lutte contre le VIH/sida, les hépatites et, bien sûr, la lutte contre les discriminations. C’est un modèle original d’association, unique en son genre en France. J’ai également été membre du Conseil national du sida, organisme français chargé de donner des avis sur les réformes à mener sur la politique de lutte contre le sida en France et président du collectif inter-associatif chargé de l’opération nationale « Sida : grande cause nationale », en 2005.
    Dans ma vie, j’ai choisi de faire du combat individuel que je mène depuis exactement 30 ans contre le VIH/sida, un combat collectif, persuadé, en pensant au proverbe ivoirien, que « Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finira toujours par briller. »
    Ce combat passait notamment par dire publiquement mon statut sérologique, ce qui n'était jamais arrivé pour un élu dans mon pays. Je reste encore le seul élu français à avoir révélé sa séropositivité bien plus de trois décennies après les débuts de la pandémie. Cette visibilité, même si elle a pu constituer un obstacle sur le plan professionnel et surtout politique, je l’ai souhaité, d’abord pour moi, car cela me donnait la certitude d’être honnête avec moi-même, mais aussi pour aider mes concitoyens, pour leur donner un peu de courage en somme.
    Tout au long de ces années d’activisme, ma conviction n’a pas changé : la lutte pour les droits LGBTQI et la lutte contre le sida sont liées. C’est évident mais je préfère le dire : il ne s’agit pas là de lier homosexualité et sida car la majorité des personnes infectées dans le monde sont bien sûr hétérosexuelles.
    D'ailleurs, je veux ici rappeler l’attitude exemplaire de la communauté LGBTQI dans le monde qui a bien souvent pallié à l’absence criminelle de réactions des gouvernements au début de l’épidémie et c’est encore le cas dans de nombreux pays, notamment avec un silence criminel vis-à-vis des populations clés. Bien trop souvent le cas dans beaucoup de pays africains, asiatiques ou d'Europe de l'Est.
    Dans ces combats, l’union fait la force au sens propre du terme, l’union non pas seulement des associations mais aussi des acteurs LGBTQI dans leur diversité.
    Permettez-moi un rapide point sur la situation épidémiologique concernant le VIH et sur la situation des droits LGBTQI en France. Ensuite, j'essaierai de donner quelques pistes pour changer les choses.

    I – Situation épidémiologique du VIH en France et situation des droits LGBTQI

    * Les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes représentent en France près de la moitié des infections au VIH avec 43 % des nouvelles découvertes de séropositivité en 2015 (2600 découvertes sur les 5925). Ce taux n’a pas beaucoup varié depuis des années, il a même tendance à augmenter alors que les infections chez les hétérosexuels et chez les migrants originaires d’Afrique sud-saharienne, autre population clé en France avec les HSH, diminuent.
    Face à ce constat, de nouvelles méthodes de prévention ont été inventées dans le cadre d’une politique qui a dépassé la norme du tout-préservatif pour une prévention diversifiée, une prévention qui s’adapte aux choix, aux envies, et surtout aux possibilités de vie des personnes. En somme, une prévention individualisée grâce à un panel d’outils, avec notamment la consécration du traitement comme outil de prévention dans le cadre du « TASP » test and treat et de la PREP (pre-exposure prophylaxis), qui est autorisée en France, depuis novembre 2015, et, gratuite depuis le 1er janvier 2016. Nous sommes ainsi le premier pays au monde où la PrEP a été remboursée par un système national de santé.

    * Dressons maintenant un rapide constat sur les droits LGBTQI. Sur ce point, la France est paradoxale.
    Elle a beaucoup évolué et ce dans le bons sens : pénalisation des propos homophobes, ouverture du mariage aux couples de mêmes sexe, adoption, et peut-être bientôt la PMA ouverte à toutes les femmes, l'introduction de modules de lutte contre l’homophobie à l’école … autant de mesures fortes qui ont conduit à une vraie amélioration des droits LGBTQI, notamment quant à la reconnaissance d’un statut de citoyen à part entière, et non de sous-citoyen comme on pouvait le ressentir et le constater auparavant. Cela a amené à une évolution globalement positive des choses, je pense notamment aux enquêtes d'opinion où la très large majorité des Français ne veulent absolument pas revenir sur le mariage gay contrairement, encore aujourd'hui, à certains responsables politiques. Célébrant souvent des mariages de couples LGBTQI à Paris, je constate aussi une très nette évolution des mentalités lors de ces cérémonies toujours très émouvantes et réunissant quasiment à chaque fois des anciens opposants au mariage pour tous, heureux de participer désormais au mariage d'un ou d'une de leur proche. Ils ont enfin compris que donner des droits à une minorité permet en fait à la société entière de s'élever !
    Voyons l’autre côté des choses : les débats sur l’ouverture du mariage pour toutes et pour tous ont libéré une parole homophobe et transphobe de manière extrêmement violente. Je peux vous assurer que je savais que ce débat allait être dur et que je suis habitué depuis tant d’années, en tant que personnage public, à être insulté, principalement sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter où je suis très présent et suivi, mais à ce point... C’était incroyable et malheureusement cette libération de la parole homophobe, lesbophobe et transphobe est toujours d’actualité et le groupuscule extrémiste « La Manif pour tous » - organisation largement soutenue par l’Église catholique - qui a mené ce mouvement, existe toujours et a même désormais des élus dans les assemblées locales et régionales. Je le répète, vous ne pouvez pas imaginer le climat de haine et de violence pendant tous ces mois, dans ce que beaucoup d'entre vous considèrent encore comme le pays des Droits de l'Homme. Quand on sait qu’un jeune homosexuel, en France, a quatre fois plus de risques de faire une tentative de suicide qu’un jeune hétérosexuel, je vous laisse imaginer les drames que cette haine a pu provoquer. Mais bien évidemment, ces professionnels de la haine n’y font pas attention ! Ils s’en fichent !
    Autre volet dramatique que je veux évoquer : les personnes trans. Les réformes nécessaires les plus élémentaires n’ont pas abouti à des avancées suffisamment probantes, même sur des sujets très simples comme le changement d’état civil. Il nous reste tant à faire, je le répète, simplement pour le respect des droits les plus élémentaires des personnes transgenres.
    Il n'est donc pas étonnant qu'en France, la pandémie ne diminue pas chez les HSH et les trans. Quand ces populations continuent à être stigmatisées, il ne faut pas s'étonner que certains LGBTQI refusent d'être des acteurs de prévention et en arrivent parfois à ne plus avoir d'estime personnelle.

    II - Après avoir décrit la situation française, la question principale c’est comment fait-on changer les choses dans un pays qui s'approche pourtant de l'égalité réelle et qui a dépénalisé l'homosexualité depuis 1982 ?

    Je vous le disais en introduction : selon moi, la lutte contre le sida et la lutte pour les droits LGBTQI vont obligatoirement de pair. Et je pense que le trait d’union est cette notion de « santé sexuelle ». Quand je dis le mot « santé », je ne parle pas du sens restrictif que l’on peut donner quelques fois à la santé ; je pense à la santé comme l’Organisation mondiale de la santé la définit : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. »
    Dans cette conception complète et légitime de la santé, clairement le fait de se sentir bien, non-jugé et non exclu du fait de son orientation sexuelle ou de son identité de genre est primordial et central.
    Et je rappelle aussi que la santé est un droit et ce droit à la santé ne doit être entravé par aucun jugement moral ou autre.
    Dans cette conception des choses, plusieurs acteurs entrent en jeu : la société dans son ensemble, les politiques et la communauté LGBTQI elle-même.

    * Premier acteur : la société.
    La société, dans son ensemble, doit pouvoir s’interroger sur le regard qu’elle porte sur les LGBTQI. Si l’on parle de la partie prévention en milieu gay, cela ne peut être véritablement efficace que si la personne voit son identité reconnue et acceptée par la société. Or, aujourd’hui, il est toujours très difficile de dire et de vivre son homosexualité ou d'être transgenre : rejet parental, injures, homophobie, transphobie latentes … On peut considérer en partie que la banalisation des comportements à risque et donc la hausse des infections au VIH - principalement chez les gays et les trans - est aussi une des conséquences de ce mal-être et de cette non estime de soi causées par le regard qu’une partie de la société porte sur eux. Porte sur nous. Cette évolution des mentalités doit être portée par un volet essentiel : l’éducation. Et il ne s’agit pas là que d’une déclaration d’intention, des moyens doivent être mis en œuvre pour que cette politique éducative centrée sur l’acceptation de l’autre soit une réalité promue et non pas seulement affirmée dans de beaux discours sans lendemain ! C'est ce que nous essayons de faire, avec la société civile, en région Île-de-France notamment avec le CRIPS dont j'étais le président jusque janvier 2016, mais qui poursuit son action désormais avec mon collègue Jean Spiri.

    * Deuxième acteur : les responsables politiques.
    Avec ma double casquette d’activiste et d’élu, j’aurai beaucoup de choses à dire sur le milieu politique, un milieu aussi bien formidable tant il peut changer le monde que, parfois, terriblement lâche et réactionnaire. Je crois profondément que, quand on est élu par le peuple, on doit parler à tous ses concitoyens, car lorsque nous sommes élus, nous les représentons tous. Même ceux qui n'ont pas voté pour nous ! Et quand certains élus en France, et pas les moins importants, prennent position de manière violente et profondément humiliante pour qu’une partie de leurs concitoyens n’aient pas les mêmes droits que les autres concitoyens, il ne s’agit pas là d’une erreur politique mais d’un contre-sens complet sur le rôle même de l’élu, sur la définition même de ce qu’est un élu. La société est quelques fois, voire souvent en avance par rapport à ses responsables politiques. C’est pourquoi toute cette activité de lobbying de la société civile est primordiale, tant pour obtenir des droits civils que pour obtenir le droit à la santé. Ce droit à la santé, il comprend le droit à pouvoir profiter des innovations en terme de santé, je pense notamment à la PrEP et ce forcément sans moralisme.
    Cela veut dire aussi que les dirigeants des pays qui ont atteint l'égalité ont la responsabilité de soutenir les militants qui vivent dans les pays où l'homosexualité est toujours pénalisée – encore plus de 70 pays en 2017 ! - et doivent s'engager clairement pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité.

    * Troisième et dernier acteur : la communauté LGBTQI elle-même.
    Et quand je dis communauté LGBTQI, je pense à toutes ses composantes : les personnes bien sûr, les associations, les acteurs économiques, les acteurs culturels, etc...
    Je crois que l’on doit avoir une réflexion à avoir sur nous-mêmes. Je vous donne un exemple : comment se fait-il qu’il existe encore un phénomène de choix fièrement assumé de ses partenaires en fonction de son statut sérologique alors que l’on sait pertinemment qu’il n’est pas du tout risqué d’avoir une relation sexuelle protégée, voire non, avec une personne séropositive, sans IST et avec une charge indétectable depuis plus de six mois.
    Ce message, il doit être porté par l’ensemble de la communauté LGBTQI pas seulement les acteurs de la lutte contre le VIH. Après tout, c’est notre santé qui est en jeu. Il nous appartient de porter des messages cohérents et non discriminants. C’est essentiel et c'est une partie de la réponse à la fin du sida que nous souhaitons tous dès 2030… Si nous discriminons au sein même de nos propres communautés dans nos pays riches, comment voulez-vous que des gouvernement homophobes et transphobes dans les gouvernements du Sud nous considèrent comme des acteurs à part entière ?

    En conclusion, n'oublions pas le grand Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
    Nous avons un défi collectif : mener de pair les combats collectifs contre le VIH/sida et pour la reconnaissance des droits des LGBTQI.
    Pas l'un ou l'autre !
    Mais l'un et l'autre !
    Et soyons-en certains : sans reconnaissance des populations clés par les gouvernements comme acteurs à part entière, et si on continue de pénaliser homosexuels, usagers de drogues et travailleuses - eurs du sexe, on ne pourra aboutir, en 2030, à un monde où pourraient naître enfin – quel rêve merveilleux ! - des générations sans VIH/sida.

    Je vous remercie.

     

     

  • "L'affaire Cendrillon", un excellent livre d'été !

    Oui, ce n'est évidemment pas le livre de ma vie - c'est bien "Mémoire d'Hadrien" de l'immense Marguerite Yourcenar que je lisais encore hier - mais l'affaire Cendrillon de Mary Higgins Clark et Alafair Burke est un excellent livre d'été ! 
    L'écriture des deux auteures est fluide comme le veut un roman policier.
    L'intrigue est palpitante et c'est dans les dernières pages que vous découvrez bien sûr que le seul que vous ne pouviez soupçonner est forcément le coupable !
    Mais je n'en dis pas plus.
    Si vous êtes encore en vacances ou si vous avez besoin d'une lecture divertissante, ce livre est pour vous !
    Je vous le  recommande...

  • Intervention à la conférence Egalité et Légalité dans la Francophonie à Montréal

    Ce 20 août, à Montréal, à l'invitation des dirigeants de la Fierté Montréal, dont j'étais, en 2012, le co-président d'honneur, j'interviendrais à la conférence Egalité et Légalité dans la Francophonie.
    Evoquant le combat contre le VIH/sida, je rappelerai qu'il ne peut être mené qu'en reconnaissant les droits des populations clés, notamment les LGBTQI.