Des rencontres rares qui ne s’oublient pas
Hier, belle journée malgré la chaleur moite de Montréal, car j’y ai fait de belles rencontres et ai appris beaucoup de choses. Mais surtout, j’y ai vu pour la première fois un homme auquel je voue une très grande admiration, le juge Cameron [ma photo].
D’abord, mon déjeuner avec Lyse Pinault, directrice générale de la coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida, a été passionnant et instructif. Nous avons bien sûr évoqué la situation du VIH dans nos pays respectifs. Le constat est le même : un nombre inégalé de personnes vivant avec le VIH soit 150.000 en France et 56.000 au Canada. Même concentration au niveau des régions puisque 95% des cas de sida sont concentrés dans quatre Etats [Ontario, Québec, Colombie-Britannique et l’Alberta], alors qu’en France 50% des cas de sida sont concentrés dans une seule région : la région Ile-de-France. La recrudescence des nouveaux cas de séropositivité constatée en France semble la même au Canada même si des nouveaux chiffres ne seront connus qu’en septembre. A noter que dans les nouvelles contaminations, 40% des cas sont des gays pour 28% en France. Bref un relâchement commun chez les gays dans nos deux pays, comme d’ailleurs dans tous les pays riches.
Les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont les mêmes : invisibilité publique des malades, discriminations notamment au travail et manque de crédits même si Lyse reconnaît, qu’en France, l’Etat fait des efforts bien plus importants qu’au Canada où la lutte contre le sida est le parent pauvre de la politique de santé publique.
Autre rencontres avec nombre de personnalités invités par le maire de Montréal Gérard Tremblay à l’hôtel de ville puis au dîner privé dans le plus bel hôtel de Montréal, le Saint James, celui où descendent Madonna et les Rolling Stones aux dires du maire himself.



Je reviens tout juste du rassemblement que les organisateurs ont voulu maintenir devant la mairie de Moscou pour demander plus de tolérance et de respect envers la population homosexuelle moscovite. Je vous raconterai plus longuement demain.
Je n'ai pas présenté dans leur intégralité les deux interventions que j'avais préparées pour la conférence IDAHO. En effet, un changement de programme m'a obligé à condenser mes discours et à intervenir curieusement dans la table ronde consacrée à Paris où d'ailleurs des propos de politiques intérieures désobligeants ont été tenus par un conseiller du maire - présenté par une dépêche de Têtu comme venant à titre personnel - mais qui a cependant pris la parole es qualité de membre du cabinet de Bertrand Delanoë... Je ne suis pas sûr que le maire de Paris aurait apprécié qu'on mette autant en avant son homosexualité et ses actions en faveur des gays à Paris. Dommage que d'obscurs conseillers croient devoir oublier la régle qui veut que l'on n'évoque pas les querelles de politique intérieure dans les conférences à l'étranger.
A la veille de la Gay Pride de Moscou qui, au moment où je publie ce post, n'est toujours pas autorisée par les autorités de la capitale, j'interviendrai à deux reprises à la conférence IDAHO qui se déroule toute la journée.
Le 15 février dernier, Talgat Tajouddin, plus haut dignitaire religieux de l'Islam en Russie, déclare que la Gay Pride à Moscou ne doit être autorisée "dans aucune circonstance". Pour lui, "les homosexuels n'ont pas de droits".



Ce lundi a été consacré en partie consacré à un très rapide tour de la ville : Reichstag, Porte de Brandebourg, … Je n’y étais pas revenu depuis 1988. Une éternité face aux changements qu’a connus cette ville.
Mon séjour à Berlin me laisse peu de temps. Vous me pardonnerez donc d’être rapide pour ce beau dimanche de mai.
Premier jour à Berlin.
en 2001.