En finir avec le sida, c’est aussi en finir avec la sérophobie !
Sur Radio Péyi Guyane, j’ai rappelé une réalité essentielle : face au VIH, les progrès scientifiques ont été considérables, mais les progrès de la société restent encore trop insuffisants.
Aujourd’hui, grâce aux traitements, une personne vivant avec le VIH peut espérer vivre aussi longtemps qu’une personne séronégative. Et lorsqu’elle bénéficie d’un traitement efficace et que sa charge virale est indétectable, elle ne transmet plus le virus par voie sexuelle. Des avancées majeures qui ont profondément changé la vie des personnes séropositives !
Mais alors, pourquoi tant de peur, de préjugés et de discriminations persistent-ils ? La sérophobie reste une réalité insupportable, comme l’a encore rappelé récemment la grève de la faim de Christophe Paco et de Supersero.
En Guyane, le tabou est immense : à ma connaissance, personne n’a encore osé témoigner publiquement de sa séropositivité. Ce silence n’est pas un choix individuel qu’il faudrait juger : il révèle surtout le poids des discriminations et la difficulté, encore aujourd’hui, de vivre sereinement avec le VIH.
Comment prétendre mettre fin à la transmission du VIH d’ici 2030 si nous ne combattons pas, avec la même détermination, la sérophobie, les préjugés et les discriminations ?
La lutte contre le sida ne peut pas se limiter aux traitements et à la prévention. Elle doit aussi passer par la parole, la visibilité, l’éducation et la solidarité.
Personne ne devrait avoir peur de révéler sa séropositivité. Personne ne devrait avoir à choisir entre protéger son intimité et vivre librement, sans honte ni discrimination.
En Guyane comme partout en France, faisons reculer les tabous pour que les progrès scientifiques deviennent enfin des progrès humains et sociétaux !
En finir avec le sida, c’est aussi en finir avec la sérophobie !
