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  • Quel gâchis d’avoir viré le talentueux Hénart du gouvernement !

    Dans le cadre du mois sida et homosexualité du sida, grande cause nationale 2005, j’ai passé ce samedi à Nancy. Un déjeuner avec les élus concernés par le VIH/ sida pour préparer une réunion que je ferai sur le sida avec le maire, André Rossinot [en photo], en septembre, puis Gay pride de Nancy. 1500 personnes participent à cette manifestation, ce qui est un nombre important pour cette ville de l’Est où il n’est pas toujours facile d’afficher son identité dès qu’elle est différente. Les medias sont très présents et je réponds aux interviews avec la satisfaction de constater que la PQR comme les radios et télés en province sont bien au fait et intéressés par les questions gays – un peu moins malheureusement par le VIH/sida. Je le déplorerai le soir même en voyant sur France 3 Nancy que seuls mes propos sur l’homosexualité étaient retenus – mes longs développements sur le sida oubliés ! Que d’énergie et de fatigue pour défendre ce combat pour la vie. En voyant ce reportage, j’ai un moment de doute : ai-je raison de donner tant de ma santé si précaire ? Est-ce utile ? Mais, heureusement, mes doutes sont de courte durée, car ce long travail de re-mobilisation a forcément quelques ratés. J’espère que les autres medias nancéens reprendront mes paroles fortes de mobilisation adressées notamment aux gays en ce jour de marche des Fiertés, car 1 gay sur 10 en est séropositif en France et 3 homos apprennent chaque jour leur séropositivité...
    A la fin de la marche, sur la magnifique place Stanislas récemment rénovée, j’ai le plaisir de retrouver mon ami, Laurent Hénart, l’un des recalés du gouvernement Villepin. Il est triste, mais pas du tout aigri d’avoir été viré du gouvernement alors qu’il na pas démérité dans son travail pour l’insertion professionnelle des jeunes. Quel gâchis d’avoir viré ce jeune espoir de la droite comme l’a déploré avec force le maire de Nancy, André Rossinot, par ailleurs président du Parti Radical. Encore deux déçus du chiraquisme qui viennent se rajouter à une liste de plus en plus longue… Devedjian, Barnier, Darcos, Muselier, Fillon … Quel gâchis ! En le quittant, je lui promets, comme il me le demande, de venir lui donner un coup de main pour la campagne législative qu’il veut lancer en septembre. J’espère sincèrement qu’il a raison de provoquer une partielle, car il est vraiment dommage de se passer d’un tel talent.
    Je suis heureux d’avoir un dimanche un peu plus soft après une fin de semaine si chargée entre une matinale très matinale sur la chaîne de la TNT, Direct 8, vendredi, une AG du CRIPS avec Anne Hidalgo et Jean-Paul Huchon, un déjeuner avec Bernard Debré et cette Gay pride de Nancy suivie de trois heures et demie de train [Vivement le TGV Est !] pour achever une semaine bien nostalgique. Et dire que j’ai une santé fragile. Comme quoi la politique et les engagements militants donnent des forces aux plus fragiles… j’en suis l’exemple incarné. Si vous en doutez, prenez un engagement associatif ou politique, et vous verrez qu’en servant les autres, vous finissez par oublier en grande partie bien des soucis !!! Et ceci, bien sûr, n’est pas une leçon, juste un constat positif et encourageant pour achever ma semaine de blogger !

  • L'homophobie et la sérophobie, une réalité !

    Après mon outing d’octobre 2000, j’ai souvent reçu des messages d’insultes – la plupart du temps anonymes, mais parfois non. Et les messages assumés furent, curieusement, les plus durs.
    L’homosexualité est de plus en plus visible dans les medias, comme dans la vie quotidienne ! Si les Français, dans leur immense majorité, désapprouvent l’homophobie, la visibilité a incontestablement eu un effet boomerang. Elle est apparue comme une provocation pour ces esprits faibles - souvent d’extrême-droite - qui craignent ce qu’ils ne connaissent pas ou inversement ce qui les attirent irrésistiblement, mais que leur éducation leur a appris à haïr. Incontestablement, le mariage homosexuel de Bègles a exacerbé certains de nos concitoyens. Si je n’ai pas reçu les horribles messages dont a été inondé Noël Mamère, j’ai vraiment constaté un regain d’homophobie. Force est cependant de remarquer que la loi pénalisant les propos homophobes aide à calmer - peur du gendarme oblige - les ardeurs homophobes de bien des détraqués.
    En ce mois de juin 2005 consacré à homosexualité et sida dans le cadre du sida, grande cause nationale 2005, j’ai trouvé important de publier un florilège de messages homophobes ou sérophobes – anonymes ou non – qui m’ont été adressés ces dernières années. Je n’en ai malheureusement pas gardé beaucoup, ayant longtemps eu comme seule envie que de détruire ces mots lâches car pour la plupart anonymes. J’ai notamment jeté ce petit cercueil qui m’a été adressé après l’annonce de ma séropositivité dans mon livre Virus de vie en 2002 et surtout cette lettre d’un père qui me reprochait la mort du sida de son fils gay … me disant – je cite de mémoire : « C’est à cause de gens comme vous que mon fils est mort. C’est parce que vous banalisez ce qui est anormal, que l’homosexualité et donc la mort prospèrent »…
    Ces messages, même s’ils ne sont pas les pires, feront comprendre à ceux qui en doutent encore que l’homophobie et la sérophobie ne sont pas des fantasmes de militants homos mais une réalité en … 2005 ! Vous pouvez les retrouver sur mon site internet : www.jeanluc-romero.com

  • Retrouvez-moi sur Direct 8 ce vendredi 2 juin à 8h10 !

    Le gouvernement vient d’être dévoilé. Je ne suis pas sûr – hormis l’entrée notable de Nicolas Sarkozy – que sa constitution s’apparente au signal fort qu’attendaient les Français. Mais laissons lui un peu de temps : puisque le Premier ministre a demandé 100 jours. Donnons-lui le bénéfice du doute. On pourra rapidement apprécier l’efficacité du nouvel exécutif… En attendant une petite pensée pour mon amie Nicole Guedj.
    Hier, j’ai participé à l’enregistrement de l’émission Piques et polémiques sur France 3 Ile-de-France [diffusion le 12 juin à midi] sur le thème La France est–elle libertine ou conservatrice ? Un peu de légèreté après le choc de dimanche dernier… Entre Geneviève de Fontenay, mon amie Brigitte Lahaie, ma collègue UMP Edwige Antier et le Père de la Morandais, j’ai tenté de rappeler que le retour à l’ordre moral, dont on nous menace si souvent, m’apparaît plus comme un fantasme de nostalgiques aigris qu’une réalité.
    Dans la même veine, ce soir, j’ai débattu à l’Ernest bar du Lutétia, sous la houlette de Paul Wermus, avec le député villiériste ultra conservateur Paul-Marie Couteaux sur le thème la Gay Pride est–elle utile ? pour le magazine VSD [sortie prévue le 23 juin].
    Je n’étonnerai personne en précisant que j’ai défendu la marche des fiertés qui m’apparaît toujours utile tant qu’on n’aura pas abouti à une égalité réelle entre homos et hétéros. Elle reste, aujourd’hui, indispensable parce que les 500 ou 700.000 personnes – homos ou hétéros – qui s’y rendent obligent les politiques à entendre les demandes d’égalité. Car les homos, dans leur immense majorité, ne sont pas communautaristes : ils veulent juste être égaux dans une République universaliste. Cette manifestation, par sa puissance, sa visibilité, sa médiatisation, est importante pour tous ces gays ou lesbiennes, qui au fin fond de leur village, ont trop souvent l’impression d’être seuls au monde à être ce qu’ils sont.
    Enfin, la Marche des fiertés restera indispensable tant que des esprits faibles et dérangés, agresseront physiquement et oralement les homosexuels.
    Vous n’y avait peut-être pas prêté attention, car certains propos trop violents ont été effacés. Pourtant, sur ce blog, j’ai droit chaque jour aux insultes homophobes et aux menaces. Hier encore, un certain Patriote courageusement anonyme – qu’il n’oublie pas que malgré son anonymat, les services de police ont les moyens de remonter jusqu’à lui !- écrivait : « Vous n’êtes que des PD et des collabos… On vous aura Un à Un en temps voulu : on a tous les noms !!! » En terme de collabo, ce patriote courageusement anonyme mériterait la palme…
    Avant qu’il ne m’ait, rassurez-vous, je serai demain matin, vendredi 3 juin sur Direct 8 [chaîne de la TNT] à partir de 8h10 pour commenter l’actualité...

  • Raf, ne l’oublions pas au risque d’être ingrats !

    Quand un Premier ministre s’en va, on ne parle que de son successeur. Nouveauté oblige…
    Et bien, en ce qui me concerne, je vais faillir à la tradition, car aujourd’hui, j’ai une pensée affectueuse et reconnaissante pour Jean-Pierre Raffarin.
    Certes, il y a sans doute des choses à lui reprocher. Mais, je n’oublie pas qu’avec le quinquennat, c’est le chef de l’Etat qui donne toutes les impulsions. Raf n’a donc fait qu’exécuter la politique du Président.
    Surtout, je n’oublie pas le rôle essentiel qu’il a joué sur deux sujets pour lequel je l’ai rencontré à plusieurs reprises : l’homophobie et la lutte contre le sida.
    En effet, si la pénalisation des propos homophobes est une réalité depuis le 1er janvier de cette année, c’est en – grande – partie grâce à lui. Gardons cela en mémoire d’autant qu’il lui a fallu beaucoup de persuasion pour convaincre certains ministres et parlementaires de la majorité alors opposés à la pénalisation.
    Il y a deux ans, j’ai renversé sur son bureau, à Matignon, les 30 cachets de la multithérapie que je prenais alors. Je me rappellerai toujours cette scène forte que j’ai longuement racontée dans Je n’ai jamais connu Amsterdam au printemps. En percevant son émotion, je comprenais immédiatement que j’avais définitivement gagné la partie et convaincu Raf de faire du sida, la grande cause nationale de 2005. Il comprenait, à travers ce geste inattendu voire impudique la lourdeur du traitement que prennent les sidéens et donc que cette maladie reste terrible et difficile à vivre au quotidien. Le 25 novembre, il l’annonçait officiellement. Certes, cela n’est pas une mesure miracle, mais un signal fort qu’a voulu donner cet ancien Premier ministre pour montrer son intérêt pour le combat contre l’une des maladies les plus dévastatrices de nos vingt dernières années.
    Pour ces deux gestes forts de son mandat, pour m’avoir entendu alors, contre la volonté même de certains de ses conseillers, je le remercie. Même si la situation n’est guère brillante aujourd’hui après ce référendum, ne soyons pas injustes en l’accablant seul et ne l’oublions pas au risque d’être totalement ingrats.

  • Humaniser les prisons

    Lundi 30 mai 2005 : Prison de Fresnes.
    Un gros coup de fatigue m’a empêché d’animer, ce soir, le comité politique d’Aujourd’hui, Autrement. Philippe Lohéac m’a remplacé avantageusement. Je vous avais promis de tout vous dire : je m’exécute d’autant qu’il est rare que j’annule ma présence à une réunion importante. Mes détracteurs seront déçus : je vais mieux et je serais à la mairie de Vigneux demain !
    J’ai quand même pu aujourd’hui rencontrer, ce midi, Brigitte Lahaie dont j’apprécie le bon sens. Beaucoup m’ont critiqué de l’avoir emmené dans l’aventure d’Aujourd’hui, Autrement. Je me réjouis tous les jours de sa présence et de son bon sens.
    Avant que je ne me sente mal, j’ai cependant pu visiter la prison de Fresnes et l’hôpital pénitentiaire. L’objet de ma visite était de me rendre compte de la situation des personnes atteintes de longues maladies incarcérées et de l’application de la loi Kouchner [loi du 4 mars 2002] qui permet la suspension de peine pour raisons médicales. Sur 382 demandes, seuls 156 détenus se sont vus accorder cette suspension. Pour information, hors suicide, 120 détenus meurent par an en prison.
    J’ai pu apprécier au cours de cette visite un directeur de prison, deux juges d’application des peines et un service médical très soucieux de la fin de vie des détenus. J’ai pu voir dans des cellules de la prison deux pauvres vieux qui vivent dans des conditions difficiles, n’attendant plus que la mort. L’humanisation des prisons reste un sujet réel qui n’a toujours pas été traité par les politiques. Même si c’est un sujet peu électoral, il nous appartient à Aujourd’hui, Autrement de nous en saisir.

  • Répondre aux inquiétudes des Français en faisant de la politique AUTREMENT

    Comme beaucoup d’européens convaincus, j’ai pris acte, avec une immense tristesse, du choix exprimé ce dimanche par les Français qui ont rejeté massivement - plus de 55% de non ! - le projet de constitution européenne, ce contrat de mariage entre les 450 millions d’habitants de 25 pays.
    La campagne que nous avons menée avec Aujourd’hui, Autrement, sur le thème « Le 29 mai, disons-nous oui. Pacsons-nous avec l’Europe », rappelait que ce projet constitutionnel était un projet d’entraide, de solidarité, de générosité, porteur d’espérance pour les nouveaux membres de l’Union comme pour les pays fondateurs. Je ne regrette pas cette belle campagne qui nous a enfin permis de parler de notre avenir en Europe et d’aller à la rencontre de nos compatriotes sur un sujet exaltant.
    Mais, aujourd’hui, alors que les Français, à la demande hétéroclite, contradictoire et souvent extrémiste de Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Laurent Fabius, Philippe de Villiers, Henri Emmanuelli, Arlette Laguiller, ont dit non : l’Europe est réellement en panne sans qu’un projet de substitution puisse naître de cet attelage étonnant.
    Demain, je crains que celles et ceux qui, de toute bonne foi, réclamaient une Europe plus sociale, se réveillent avec pour seul avenir le traité de Nice dont on sait qu’il est l’un des plus ultra-libéraux qui existe et le plus défavorable à notre pays.
    Mais le nouveau coup de tonnerre qui nous frappe - le 3ème ! - nous oblige tous à faire notre mea culpa. Nous ne pouvons plus nous dérober une troisième fois.
    Personnellement, je regrette vivement, comme je l’ai dit au début de la campagne, que les partisans du OUI n’aient pas su, souvent pour des raisons politiciennes, faire campagne ensemble au-delà des clivages partisans. Il n’y avait pas un OUI de droite ou de gauche, mais un seul OUI pour la constitution contrairement aux tenants du NON. L’Europe valait pourtant bien qu’on dépasse nos clivages surannés pour défendre ensemble l’essentiel. Nous aurions sûrement été plus crédibles et les Français n’auraient pu accuser les uns et les autres de calculs politiciens ou de stratégies personnelles !
    Mais les Français ont aussi et incontestablement rappelé avec force qu’ils souhaitent qu’on fasse de la politique autrement.
    Créer une VIè République, comme nous le proposons, depuis des mois, à Aujourd’hui, Autrement, pourrait donner enfin un nouveau souffle démocratique à nos institutions - sortir notamment de l’hypocrisie au Parlement où tous les courants de pensées ne sont pas représentés - et un électrochoc à notre classe politique vraiment trop décalée par rapport à l’évolution et aux aspirations de nos concitoyens.