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Trois mois... Trois mois déjà, trois mois seulement que Chris nous a quittés.

Trois mois... Trois mois déjà, trois mois seulement que Chris nous a quittés...
Certains voudraient que, désormais, tout soit rentré dans l’ordre. Que je fasse semblant d’aller formidablement bien. Pour un militant, de surcroit élu, la dignité exigerait de passer à autre chose...
Aujourd’hui, j’ai envie de pousser un coup de gueule.
Car comment, après trois petits mois, après un tsunami qui a dévasté ma vie au point de m'en demander désormais le sens, il faudrait reprendre une vie personnelle, militante, élective « normale ».
La mort de Chris a non seulement des conséquences personnelles évidentes, mais aussi militantes quand on se rappelle tout ce qu’il a fait avec tant d’abnégation contre le sida, pour une fin de vie digne et pour l’égalité. Il faudrait rayer tout cela d’un trait. Et dès maintenant...
Au bout de trois mois, oui, je suis choqué de recevoir des messages de gens souvent bien attentionnés qui me disent qu’il faut enfin avancer. Que le temps du deuil est désormais terminé.
Si je les écoutais, ce serait en quelques semaines le reniement des 11 années de vie commune avec Chris. Ce serait faire peu de cas de ce qu’il était, des combats qu’il a menés avec tant de détermination.
Dans nos sociétés, le deuil semble interdit et j’ai reçu beaucoup de témoignages émouvants allant dans ce sens. Au-delà de ma douleur, il faudrait en plus la cacher. En avoir honte !
Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas pour moi, ni pour celles et ceux qui ont perdu un être très cher, de ne vivre que dans la nostalgie. Mais il faut que notre société entende que faire son deuil est le seul moyen de rester ou de revenir dans le monde des vivants. Et que cela prend forcément du temps.
Faire son deuil ne veut pas dire se plaindre.
Faire son deuil veut dire que chacun comprenne que cette étape mérite d’être respectée et surtout comprise.
Depuis la mort de Chris, je n’ai jamais cessé mes activités notamment militantes. Je le fais pour lui, pour nous et pour ces causes qui nous dépassent.
Mais comme toutes celles et tous ceux qui sont choqués, je demande le simple respect de nos propres cheminements, de nos acceptations.
J’écris cela non pour demander une quelconque indulgence. Je suis un battant Demander seulement que je puisse à mon rythme accepter l’inacceptable : la mort de mon mari, de ma moitié d’orange. Est-ce tant demander ?
Car croyez-le bien, comme tous ceux qui sont frappés par la mort d’un être cher, nous ne souhaitons que faire nôtre cette merveilleuse citation d'Albert Camus :
« Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. »
Mais pour y arriver, il faut qu’on m'en laisse le temps et qu’on respecte mon cheminement.
 
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